Dans la bibliothèque de Tatiana de Perlinghi
Lorsque Tatiana de Perlinghi ouvre les portes de sa bibliothèque, elle dévoile bien plus qu’une simple collection de livres. Réalisatrice passionnée et écrivaine inspirée, elle partage les œuvres qui ont forgé son imaginaire et marqué sa trajectoire. De ses premiers émois littéraires aux découvertes récentes, chaque ouvrage raconte une part d’elle, et reflète sa quête de sens, son goût pour les récits audacieux et les personnages aux parcours tourmentés. Son premier roman, Terres d’Adélaïde, publié récemment, s’inscrit dans cette continuité, une invitation à explorer ses influences et ses aspirations.
Le livre d’enfance qui a tout déclenché : Fantômette, le premier amour littéraire
Le livre qui a éveillé en elle l’envie d’écrire remonte à son enfance. Tatiana se souvient de Fantômette, la célèbre héroïne masquée des romans jeunesse, qui fut pour elle une source d’émerveillement. « Fantômette… J’avais neuf ou dix ans », confie-t-elle avec nostalgie. Ce personnage intrépide, un modèle de courage et d’ingéniosité, a sans doute initié en elle cette volonté de raconter des histoires et de donner vie à des personnages uniques. Si ce goût pour l’écriture l’a accompagnée depuis toujours, Tatiana ressent aujourd’hui la fierté de le concrétiser en publiant Terre Adélaïde, son premier roman.
Dans ce récit, elle donne la parole à Adèle, une trentenaire en quête de sens, dont la vie prend un tournant lors de son voyage sur une île grecque. Cette île est l’héritage d’un grand-oncle mystérieux, une figure presque mythique pour Adèle. À travers cette quête de racines, Terre Adélaïde explore des thèmes chers à Tatiana, comme l’identité, la famille, et la capacité de chacun à réinventer sa vie. Dans un style empreint de sincérité, Tatiana s’adresse à ses lecteurs en quête de résonance et de profondeur, écho de ses propres inspirations littéraires.
Ruth Osaki : un modèle d’inspiration et de philosophie
Lorsqu’on lui demande quel livre elle aurait aimé écrire, Tatiana mentionne En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth Osaki. Ce choix révèle bien plus qu’une simple admiration : il traduit une réelle affinité pour les récits philosophiques, riches et empreints d’humour. « C’est un roman hyper foisonnant, qui est hyper philosophique et en même temps plein d’humour », nous raconte-t-elle, visiblement fascinée par l’équilibre subtil que l’autrice américano-japonaise a su créer.
Osaki, avec son style à la fois profond et léger, propose des récits où chaque phrase est une invitation à la réflexion, mais sans jamais alourdir le lecteur. Cette capacité à marier réflexion et légèreté inspire Tatiana, qui aspire, dans son propre travail, à tisser des liens entre le quotidien et la quête de sens. En choisissant ce livre, elle souligne sa volonté de questionner, de faire rire, mais aussi de toucher, un peu comme si chaque mot portait en lui la promesse d’un voyage intérieur.
Le roman de Boris Schreiber : une leçon de résilience
Tatiana avoue une affection particulière pour les œuvres qu’elle considère sous-estimées, des trésors littéraires cachés qui méritent d’être découverts. Un silence d’environ une demi-heure de Boris Schreiber en est un exemple frappant. Ce roman poignant, qui retrace le parcours d’un jeune homme juif en proie aux atrocités du nazisme, témoigne de la puissance de la littérature comme refuge et bouée de sauvetage.
« C’est l’histoire d’un jeune homme qui va vraiment se tenir debout par l’amour de la littérature et par le fait qu’il écrit », explique l’autrice. Schreiber, en dévoilant l’indicible horreur vécue par ce personnage, montre que l’écriture peut être un acte de résistance, un moyen de survie. Ce choix éclaire la vision de Tatiana sur la littérature, qu’elle perçoit comme une force capable de transcender la douleur et d’insuffler l’espoir. Ce livre incarne pour elle un idéal : écrire non seulement pour exprimer, mais aussi pour surmonter et exister pleinement.
Les audaces littéraires d’Alain Damasio : Les furtifs, un chef-d’œuvre de créativité
Récemment, elle a été frappée par la lecture de Les Furtifs d’Alain Damasio, une œuvre qu’elle décrit comme un « exploit littéraire ». Damasio, dans ce roman, explore un univers de science-fiction qui pousse les frontières du langage et de la narration. Ce roman, qui questionne le rapport à l’autre, la liberté et la technologie, bouscule par sa complexité et son inventivité.
Pour Tatiana, Damasio incarne la capacité d’un auteur à transformer la littérature en un espace d’expérimentation. Elle admire chez lui cette audace de rompre les conventions pour réinventer la manière de raconter, tout en stimulant le lecteur intellectuellement. Les thèmes abordés par Damasio, entre dystopie et réflexion sociale, rejoignent sa propre volonté de sortir des sentiers battus, d’explorer de nouvelles manières de s’exprimer, pour susciter réflexion et questionnement.
Entre découvertes surprenantes et lectures inspirantes : les horizons multiples de Tatiana
Actuellement, Tatiana vient de terminer Les corps solides de Joseph Incardona, une lecture qu’elle décrit comme « très étonnante et très déconcertante ». Elle semble attirée par les livres qui ne suivent pas les règles établies, ceux qui déstabilisent le lecteur et provoquent des interrogations.
En guise de prochaine lecture, elle se tourne vers Sorj Chalandon et ses livres sur l’Irlande. Ce choix n’est pas anodin, puisqu’il fait écho à son récent séjour en Irlande, un voyage qui a éveillé sa curiosité pour ce pays complexe et riche en histoire. Chalandon, avec ses récits intenses et marqués par les conflits irlandais, saura sans doute nourrir sa réflexion et enrichir son imaginaire.
Une bibliothèque à son image : entre passion, réflexion et audace
La bibliothèque de Tatiana de Perlinghi est un espace où chaque livre semble choisi pour sa capacité à provoquer, à émouvoir, et à inspirer. Que ce soit à travers les héroïnes de son enfance, les réflexions philosophiques d’Osaki, la résilience de Schreiber ou l’audace de Damasio, Tatiana nous révèle une facette d’elle-même empreinte de curiosité et de sensibilité.
Son propre travail d’écrivaine et de réalisatrice, désormais enrichi par la publication de Terre Adélaïde, s’inscrit dans cette quête d’authenticité et de profondeur. À l’image des livres qu’elle chérit, elle souhaite raconter des histoires qui parlent autant au cœur qu’à l’esprit, où chaque mot est un pas de plus vers la découverte de soi et du monde.