Critique En 1964, Live at the Regal est un chef d’œuvre, la magnifique captation d’un concert non moins magnifique et une pierre angulaire dans l’histoire du blues. Sept années plus tard et après autant d’albums studios (tous aussi professionnels que performants), Live In Cook County Jail accrédite presque la théorie du mouvement perpétuel. Enregistré dans une prison face aux locataires de l’endroit (B.B. King a toujours apporté la plus grande attention aux conditions de détention des repris de justice aux Etats-Unis), ce disque offre en fait un très grand rendez-vous. A l’âge de quarante-six ans, le bluesman a désormais atteint une totale plénitude dans l’art d’émouvoir, par un chant au vibrato imparable. Quant à son jeu de guitare, il confine au classicisme le plus racé. B.B. King se promène donc au royaume de ses propres incunables (« Everyday I Have the Blues », « Three O’Clock Blues », ainsi qu’une version définitive de l’incontournable standard « The Thrill Is Gone »), avec la souplesse et la ruse d’un chat sûr de sa détente. L’historique producteur Bill Szymczyk (Hotel California des Eagles, c’est lui) est aux manettes et le fidèle Sonny Freeman tient, comme à l’habitude, la batterie. Rien ne surpassant jamais le parfum de la première rencontre, on attribue volontiers à Live In Cook County Jail le titre de deuxième plus grand album live de B.B. King de tous les temps. A sa sortie premier des classements de vente de musique noire, il se fraie également en 1971 un chemin plus qu’honorable dans les charts de musique pop (25ème) et jazz (3ème). Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story