Critique C’est avec Gold (et après le galop d’essai d’ Heartbreaker) que Ryan Adams décide, alors âgé de vingt-sept ans, de prendre à bras le corps son destin de compositeur et chanteur, et de s’imposer sur la scène internationale comme un artiste prééminent. Ce deuxième album en solo (que le chanteur souhaitait double, se heurtant alors au veto de son label) constitue en effet une réussite commerciale (la plus éclatante d’Adams), saluée dans son propre pays, en Europe, et jusqu’en Nouvelle-Zélande. « When The Stars Go Blue » (dont on retrouve une partie du texte dans un roman de Stephen King) sera chantée par The Corrs, « New York, New York » marquera durablement les esprits dans le contexte des attentats du 11 septembre, et « The Rescue Blue » sera utilisé pour le compte du film Behind Enemy Lines (avec Gene Hackman). De nouveau produit par Ethan Jones (toujours aussi élégant dans ses choix esthétiques), il accueille quelques prestigieux invités, comme l’organiste Benmont Tench. Artistiquement, Adams tente manifestement d’offrir une synthèse aboutie entre les canons de compositions à la Dylan, si Dylan pouvait être accompagné des Replacements, et une profondeur que ne désavouerait pas Van Morrison. On relève plus loin les influences assumées des Rolling Stones, ou de Neil Young, ce qui démontre amplement que l’homme a du goût. L’entreprise est donc couronnée de succès, même si l’on y déniche plus souvent du savoir-faire que de la fièvre : avec Gold, Ryan Adams appartient désormais à la frange majeure des artistes de sa génération. L’album intègrera le Top 60 des charts américains, et le single « New York, New York » frôlera le Top 100 de sa catégorie. Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story