Critique
Deux ou trois choses que l'on sait d'elle : elle est allemande, mais parle un Français parfait ; elle passe avec la même aisance du répertoire sévère de Brecht et Kurt Weill à la douceur des chansons d'Art Mengo (avec lequel elle connut son plus grand tube : "Parler d'amour" - cf. Espace indécent, 1993) ou encore à des sonorités techno-dance des plus avant-gardistes (cf. Nuits étranges, 1997). On l'a vue aussi radieuse dans des comédies musicales à gros budget (Cats, Cabaret...) que dans des One-Woman Shows plus sobres (notamment comme interprète de chansons de cabaret de Berlin), ou encore dans des films ambitieux (Prêt-à-porter de Altman). On la sait cultivée, curieuse et intelligente, telle une Jodie Foster de la chanson, et on admire sa silhouette impeccable, la perfection de son visage, tendu et émacié, comme la froideur altière de son attitude. Certains voient en elle la plus digne héritière de Marlène Dietrich. Autant de qualités qui ont fait de Lemper une égérie gay dans le monde entier. On dit aussi d'elle qu'elle vit à New-York avec son époux, l'acteur David Tabatsky et leurs deux enfants. Que de choses ne sait-on encore... Et pourtant, Mademoiselle Ute, demeure un insondable mystère. Et ce n'est pas ce nouvel album, qui nous aidera à fixer une image plus limpide d'elle. Car toujours aussi inclassable, la belle glaciale s'est cette fois offerte une pléiade d'auteurs-compositeurs contemporains de prestige, renouvelant son répertoire dans une veine inédite chez elle : Nick Cave, Elvis Costello, Tom Waits, N. S Engel ou encore Neil Hannon de Divine Comedy, croisé le temps de deux duos, Tango Ballad et Split. L'ensemble constitue un kaléidoscope complexe, troublant et d'une grande modernité. (N. B : le pressage français de l'album compte trois bonus tracks en Français, dont un duo avec Arthur H.) -- Platine - Mars 2000
Description du produit
LEMPER UTE