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Le chef coréen Myung-Whun Chung est un catholique fervent. Il a participé aux Journées mondiales de la jeunesse, à Paris. On ne s'étonnera donc pas qu'il ait voulu enregistrer quatre compositeurs ayant choisi le texte du Te Deum pour exprimer la plénitude de leur foi dans leur art. Cet album est d'ailleurs le disque officiel de la cité du Vatican pour l'année sainte 2000. Ce chant de louanges à Dieu ("À toi, Dieu, notre louange") que l'on retrouve aussi bien dans la Tosca de Puccini que dans Le Guépardde Visconti, fut probablement entonné pour la première fois au IVe siècle. Véritable chant d'action de grâces, il servait à célébrer des événements heureux en grandes pompes. Le martial motif de fanfares qui ouvre le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier a été immortalisé par le célèbre indicatif de l'Eurovision. Mozart n'a que treize ans lorsqu'il compose le sien, beaucoup plus bref (à peine sept minutes) et intime, sans doute pour la bénédiction du Saint Sacrement, lors de la Fête-Dieu. Le Te Deum de Verdi, à la fois éclatant et suppliant, est l'ultime témoignage de la foi d'un musicien, souvent en conflit avec l'Église. Enfin, le Te Deum d'Arvo Pärt, créé en 1985, revient aux origines mystiques du texte, construit autour du bourdonnement d'une harpe éolienne. Une oeuvre bouleversante… --Franck Erikson