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Les Kreisleriana, Gesänge der Frühe op.103, l'Allegro op.8... Le pianiste italien renoue avec un répertoire qu'il interprète depuis des décennies, associant avec finesse les grandes fresques romantiques (Kreisleriana) et le répertoire le plus secret de Schumann. Cette ambivalence donne un regard plus profond sur une uvre aussi instable et personnelle. Après une lecture extraordinaire d'un précédent CD consacré au Concert sans orchestre de Schumann, Pollini traduit avec une énergie juvénile l'Allegro de 1831 ; en miroir, les Chants de l'Aube op.103 résonnent comme un adieu empreint de tristesse et de sérénité car le compositeur ressentait déjà les troubles qui allaient le conduire vers la folie. Polllini traduit magistralement ces paysages de l'âme ; certains estimeront que le pianiste italien domine avec trop de lucidité les Kreisleriana. Il s'agit bien d'une leçon de musique d'une hauteur de vue exceptionnelle ! Étienne Bertoli