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La Sonate pour violon seul de Bartok est l'uvre phare de cette réédition. Composée en 1944 durant l'exil américain du compositeur, elle demeure son testament de musique de chambre. Dans cet hommage non dissimulé aux illustres modèles de Bach, le compositeur salue sa Hongrie qu'il ne reverra plus jamais. C'est une demi-heure de déploiement technique qui fait notamment appel à l'emploi des quarts de ton dans le finale. Nul interprète n'avait tenté avant Maryvonne Le Dizes d'enregistrer le finale dans sa version originale, avec les quarts de ton. Menuhin, qui reste pourtant la référence interprétative de l'uvre, avait prudemment renoncé. C'est dire le degré de virtuosité et d'assimilation de la violoniste qui donne une ampleur concertante à cette page centrale dans la musique de chambre du XXe siècle. Le reste du programme consacré aux Rhapsodies ainsi qu'aux Danses populaires résonne des accents de danses et de marches militaires, les fameux verbunkos. Une référence moderne, assurément. --Étienne Bertoli