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Le troisième album de The Cure reprend les choses là où les avait laissées le divin Seventeen Seconds, en s'affranchissant encore plus du format pop. L'ambiance dépressive, les basses proéminentes, les rythmiques régulières et amorties et surtout la voix d'outre-tombe et les guitares en lambeaux de Robert Smith composent les solides fondations de ce monument à la gloire de la cold wave. Voilà un album court, replié sur lui-même, dont la charge émotionnelle ne pourra être égalée que par son successeur Pornography Robert Smith et son groupe produisent quelque-unes de leurs meilleures compositions : le cinglant "Primary", le troublant "All Cats Are Grey" qui instaure ses longues introductions devenues depuis si caractéristiques, et surtout le fabuleux binôme de fin "The Drowning Man"/"Faith" où le trouble des sens et des sentiments atteint une intensité paroxystique. Seule ombre à un tableau bien noir mais pourtant brillant : le titre "Doubt", copie bâclée de "Primary", chose à quoi ne nous avait pas habitués le groupe à cette époque. En 1981, Faith propulse définitivement The Cure dans le monde des groupes à part, et offre un camarade de jeux sadiques au Closer de Joy Division. --Fabrice Courdan
Critique
Cet album gris, comme l’indique assez bien l’une de ses chansons (« All Cats are Grey »), et morbide, car marqué par la mort de la mère de Tolhurst (« The Funeral Party »), reprend les choses là où les avaient laissées Seventeen Seconds.
Dominé par la basse de Simon Gallup, souvent passée au flanger, il présente une nouvelle fois des rythmes hypnotiques, répétitifs, une voix angoissée noyée dans la réverb : le style Cure période « cold wave » par excellence… Le single, « Primary », est le titre le plus rapide, mais pas le plus gai (enfin, le moins triste…). Comparé à Closer de Joy Division par la presse, cet album se classera 14ème dans les charts anglais…
En bonus CD, la bande-son du film Carnage Visors : un instrumental encore plus lent et glauque que le reste. Faith est une œuvre complète, belle, glacée et déprimante. Avec ce disque, on croyait avoir atteint un sommet (ou touché le fond), mais le groupe allait faire encore plus fort l’année suivante avec Pornography…
La version « Deluxe » comprend un CD supplémentaire, tout au bout duquel on retrouve le single « Charlotte Sometimes », qui ajoute quelques couleurs (pâles) à l’ensemble.
Stan Cuesta - Copyright 2019 Music Story