Critique
Cet accent – quelque part entre Barbès et Ménilmontant (Hé, vous me reconnaissez/C’est moi, Zobi la mouche !) - eut un effet durable sur la clientèle habituelle de ce rock alternatif français vécu comme une bouée de sauvetage face aux redondances de la variété obligatoire, alors en pleine exultation dans cette fin des années quatre-vingt.
Ces années-là, aimer Les Négresses Vertes, revenait à aimer la fête, les concerts comme des rendez-vous joyeux, et une musique en pont idéal entre rock, chanson française réaliste, et world music.
L’enthousiasme était donc communicatif (chaque prestation finissant en farandole), mais la musique, loin d’être accessoire, battait le rappel de toute une galerie de portraits, qui ne déparait pas la grande tradition de la chanson réaliste (« Hey Maria », « Marcelle Ratafia »), ou déversait en tombereau de bonheur des airs comme des fêtes ininterrompues (« Zobi la mouche » donc, mais également « Voilà l’été » en rêve d’une farandole éternelle).
Écouter un disque des Négresses Vertes, c’était comme s’offrir un après-midi au cirque, rire avec les clowns, et frissonner devant les lions du dompteur. Vingt années plus tard, le chapiteau vibre toujours.
Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story
Description du produit
CD: Les Negresses Vertes,Mlah