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Machine arrière, toutes ! Les Stones renoncent aux explorations psychédéliques et reviennent à un rock plus simple et plus jouissif. Mai-68 ne les laisse pas indifférents mais la musique l'emporte tout de même sur la politique. Jagger s'interroge d'ailleurs dans "Street Fighting Man" : «Qu'est-ce que peut faire un pauvre garçon, dans Londres endormie, si ce n'est chanter dans un groupe de rock'n'roll ?». Et quand, dans "Salt Of The Earth", Keith Richards chante : «Buvons à la santé de ceux qui travaillent dur», on peut se demander si ce n'est pas surtout une occasion de plus de faire la fête. Car ce banquet de gueux auquel nous sommes conviés est avant tout un sacré foutoir où l'on chante plus le diable, l'amour et le sexe que les malheurs de la classe ouvrière. Les Stones lubriques et macho sont de retour avec un "Stray Cat Blues" influencé par le Velvet Underground et un "Parachute Woman" beefheartien aux sous-entendus salaces. Et puis, il y a le joyau du disque : "Sympathy For The Devil", son rythme de bossa, ses hurlements tribaux et son solo de guitare acéré. Dans une vision apocalyptique, Jagger y mêle Bombay, Ponce Pilate, les frères Kennedy et la fin des tsars... Oui, décidément, on les préfère bourgeois décadents ! --Hubert Deshouse