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Mémoire de la télévision française, Vidocq se devait pour son passage sur le grand écran d'avoir une distribution hors pair. Gérard Depardieu, Guillaume Canet, Ines Sastre et le compositeur Bruno Coulais ont répondu présent. Dès les premières notes, l'auteur de Himalaya et Les Rivières pourpres impose son climat de mystère et de trouble. Nocturne et sombre, sa musique illustre l'enquête autour de la mort de Vidocq. À la poursuite du serial killer, l'alchimiste, Bruno Coulais donne des indices puis les reprend aussitôt. Par petites touches, le compositeur s'essaye à tous les genres de la musique. Ainsi, on sautille d'une ouverture en forme d'adagio contemporain – "La Soufflerie" – à des scherzos manichéens – "Introduction" –, des plages lyriques époustouflantes – "Kyrie" – au folklore – "La Danse" –, le tout avec malignité et maestria. Dotée d'une dizaine de thèmes, tous précis et découpés à merveille, la bande originale excelle d'un morceau à l'autre. Métronome de l'image et compositeur hors pair, Bruno Coulais nous transporte au XIXe siècle avec son sens de la modernité : percussions électroniques, chœurs synthétiques, enchaînements des styles classiques et contemporains, le tout sous la houlette d'un Philharmonique de Prague survolté. Monumentale de par sa richesse thématique et orchestrale, la bande originale de Vidocq pulvérise tous les acquis harmoniques que le cinéma français a engendré depuis des années. Peintre des sons, sculpteur des atmosphères, Bruno Coulais a trouvé là la meilleure définition de l'excellence musicale. Bien au-delà de la musique de films, Bruno Coulais démontre une fois de plus qu'une composition néocontemporaine peut soutenir la comparaison avec les meilleures œuvres classiques, sans rien perdre de son pouvoir attractif. Si le présent retient que Vidocq est le premier film au monde a avoir été tourné en numérique, l'avenir devrait immortaliser l'une des plus grandes B.O.F. que le cinéma ait engendré. Dantesque Vidocq. --Didier Leprêtre