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Dès les premiers mots de "Caribe", Minino Garay annonce une couleur : cette chanson ne sera pas consensuelle. L'Argentin dénonce les génocides nord-américains sur les terres plus au Sud. Et cela sur un tapis de percussions grouillant, tandis que le chanteur assène les mots sur un débit de hip- hop. Pour brouiller les pistes, il adoptera des instruments aussi disparates que la flûte, le charango et la slide guitar pour un vocal très blues dans "Sombras". Ainsi va Minino Garay, l'Argentin de Paris, qui livre ici un premier album où se mêlent révolte et amour, tradition et modernité, un brassage que seuls peuvent offrir les exilés, volontaires ou non. C'est autour du bombo que rôdent ces compositions, le bombo, ce tambour argentin qui mène ici la danse, soutenu par l'accordéon de Daniel Mille, et les autres percussions dont le fameux cajón péruvien ("La Celosa de tu vieja"). Le timbre puissant de Garay imprime une autorité indiscutable à ces chansons, mais l'homme peut se faire suave, convoquer un piano jazz ("Louanges") et devenir tendre. Car c'est d'abord l'amour qui guide ces plages, avec la poésie pour idiome ("Un pelo de Concha tira más que cien toros"). Cuba, le Brésil, l'Afrique, l'Argentine, de tout ce Sud monte le son des tambours de Minino Garay. --José Ruiz