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Avec 40 millions d'albums vendus depuis la formation du groupe en 1977, Def Leppard appartient à la catégorie "poids lourds", et pas seulement pour leur musique. Vingt-cinq ans plus tard, le gang remet son titre en jeu avec X, sensiblement plus hard FM que rage iconoclaste cependant. Mais le hard FM du troisième millénaire, poussé par les chiots du rock dur, mord, gicle, et brutalise aussi. À l'image du très inspiré "Scar", déchiré de guitares maléfiques. Dans des chansons comme "Cry", ce sont encore d'autres valeurs qui sont défendues. Quelque chose de vigoureux et de mélodique à la fois, où les six cordes ne font pas de figuration pour autant. Et la mélodie, chez Def Leppard , ça se travaille au corps. "Let Me Be The One" apparaît ainsi comme la ballade romantique, sans trop forcer sur le larmoyant. Arpèges et chœurs sont là, pour dessiner un de ces tubes platinés que le groupe forge avec maîtrise. Lorsque la guitare acoustique apparaît, elle va installer un décor encore plus intimiste ("Long Long Way To Go") entre les harmonies vocales qui scellent ces épopées en crescendo que sont les vrais slows des hardeux depuis "Stairway To Heaven". Des moments d'apaisement qui ne font que rendre plus urgente la charge des guitares, et lorsque le ton monte, Phil Collen et Vivian Campbell, les deux guitaristes, ne passent pas leur tour. C'est alors une empoignade virile, avec des riffs AC/DC ("Four Letter Word") et des rythmiques Cars ("You're So Beautiful"). Trois ans après "Euphoria", Def Leppard donne un nouveau visage au rock velu. --José Ruiz