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Le Colombien de Paris ne trompe pas son monde dès "Guajiro del monte", la première chanson. Un mambo torride, gorgé de sève latine, cuivres dodus, chœurs généreux, et ce balancement de la salsa pur cru. Mais moins que jamais, Yuri ne souhaite ici le dandinement frivole. Avec "Bienvenido" on ne danse pas idiot. Et des chansons comme "Mi America" ou "Neruda" rappellent la situation souvent tendue des pays du continent sud-américain. Ce troisième album, enregistré entre Paris et Puerto Rico décline à lenvi ce nomadisme. Un nomadisme musical moins dispersé que par le passé, avec la recherche de la cohérence du côté de la partie latine de lAmérique. Cest cependant dans la capitale de la France que Yuri Buenaventura a trouvé ses compagnons de tango. Et de quérir le bandonéon noir ("Afrotango"), qui raconte lhistoire des esclaves, ou encore la chanson-titre présente dans deux versions. Le mot toujours à laffût de linjustice, et le boléro au bout des lèvres, le chanteur adresse également une plainte langoureuse ("Hermanito"), se faisant romantique dans les notes enveloppantes du violon et de laccordéon. Mais comme le naturel profond lappelle encore et toujours vers la danse chauffée à blanc, cest encore et toujours la salsa qui triomphe dans cet album sensuel et sensible. --José Ruiz