Critique
Pianiste, percussionniste, compositeur et arrangeur, Roberto Fonseca est un fin connaisseur des musiques afro-américaines et afro-cubaines, qu'il distille avec d'autres influences venues du jazz, de la musique classique voire du hip-hop ou de l'electro.
Son parcours ascendant depuis l'album
Tiene Que Ver (1999) est parsemé de quelques albums où le jazz s'envole au contact des rythmes latins (le délicieux
« 70's » dans
Elengo, 2002), ou se frotte langoureusement contre des flûtes et des timbales (
No Limit: Afro Cuban Jazz, 2001). Son, rumba, bolero, danzon, descarga, afro ou guaganco n'ont aucun secret pour le prodige cubain.
Ce nouvel album de l'année 2007,
Zamazu, montre une nouvelle facette orientée vers ses talents de soliste de jazz, subtilement accompagné dans des pièces rendant hommage aux héros du Buena Vista Social Club (Cachaito Lopez dans
« Llego Cachaito », Ibrahim Ferrer dans
« El Niejo ») ou à Abdullah Ibrahim en reprenant
« Ishmael ». Garnissant sa palette de rythmes cubains, brésiliens voire turcs (
« Congo Arabe »), Roberto Fonseca se fait le peintre d'une musique dynamique et colorée, riche de mille nuances.
Entre le chant
a cappella de sa mère Mercedes Cortes Alfaro sur
« Misa Popular » et le finale guilleret
« Y Por Que Dice Un Nino », le Cubain, épaulé par ses compères Javier Zalba (vents), Omar Gonzales (contrebasse) et Ramses Rodriguez (batterie, percussions), offre une excursion latin jazz de référence.
Loïc Picaud - Copyright 2019 Music Story