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DÚjÓ vu [Import]

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Résumé

Critique Lorsque Déjà Vu parait, en mars 1970, David Crosby, Stephen Stills et Graham Nash ont déjà approché la gloire: individuellement, avec leurs propres réussites commerciales d'avant leur réunion (respectivement The Byrds, le Buffalo Springfield et The Hollies), ensemble enfin avec leur album éponyme édité l'année précédente et qui s'est classé en tête des ventes. Afin d'éviter de devenir de nouveaux Simon and Garfunkel, il semble alors nécessaire d'étoffer le groupe en lui adjoignant un nouvel instrumentiste: pressenti mais occupé, Steve Winwood laissera sa place au guitariste canadien Neil Young, partenaire de Stills au sein du Buffalo Springfield, auteur d'un album solo décevant mais au talent de compositeur déjà largement reconnu. Ce n'est pas sans mal que le trio d'origine accepte l'idée de laisser entrer le loup solitaire dans leur bergerie, tant sa réputation d'auteur individualiste est connue, comme l'a montré son comportement au sein du Buffalo, largement responsable de la triste fin du groupe. Cependant l'homme est talentueux, pour preuves les chansons qu'il compose pour l'occasion et qui plus est, est un redoutable guitariste solo avec au jeu très complémentaire de celui de Stephen Stills. Alors, une fois conclue l'affaire et prévu que chacun pourrait librement conduire une carrière solo parallèle, tous mettent la main à la pâte pour un disque qui marquera toute une génération grâce à ses thèmes reflétant les combats de la jeunesse américaine et européenne de l'époque: la paix au Vietnam bien sûr mais aussi les revendications d'une nouvelle liberté s'affranchissant des carcans de la société, amour libre et cheveux au vent, écologie naissante et simplicité des plaisirs domestiques. Tour à tour, chacun des musiciens délivre un message personnel et l'ensemble arrive à atteindre une cohésion surprenante pour ce qui reste quand même l'addition de chansons personnelles, à peine retravaillées collectivement. La chose est encore plus surprenante quand on sait que Neil Young, fidèle à sa réputation de méfiance, ne propose là que des chansons qu'il juge indignes de ses projets solos: ainsi, au lieu des excellents « After The Gold Rush », « Southern Man » ou « Don't Let It Bring You Down » (ces deux dernières reprises quand même en concert) qui composent l'album solo After The Gold Rush enregistré la même année, on a droit ici à un bizarre «Country Girl», assemblage de trois fragments sans cohésion, même si chacun d'entre eux reflète bien les orientations musicales de leur auteur, très proches cette année d'un psychédélisme qui colore aussi son album solo Neil Young. Les arrangements léchés sont dus à son producteur d'alors, Jack Nitzsche, et ce sans que Crosby, Stills ou Nash n'aient leur mot à dire. Idem pour la très belle ballade « Helpless », proposée telle quelle, et qui a échappé de justesse aux griffes du Crazy Horse, son groupe de l'époque. Bonne nouvelle pour les trois autres qui peuvent poser leurs magnifiques voix sur ce beau morceau mélancolique, aux trois accords pianos obsédants. On retrouve un semblant de coopération avec les duels de guitare qui rythment les électriques « Almost Cut My Hair » où David Crosby, un brin paranoïaque, où sous couvert de faire des cheveux sur l'avenir de son système pileux, il explore son thème favori de la réincarnation, le tout accompagné d'une basse-batterie (Greg Reeves, Dallas Taylor) décoiffante, et sur le décevant « Everybody I Love You », co-écrit par Young et Stills, qui peine à trouver le bon tempo malgré encore une fois des arrangements vocaux irréprochables. Stephen Stills est l'auteur de « 4+20 », morceau à la guitare sèche où il pleure de solitude et d'abandon alors que son « Carry On », premier titre du disque, embarque tout le monde pour une virée en deux temps : d'abord très choral (la marque de CSNY), le trip tourne à la bluette baba mais reste emballant grâce à la wah-wah de Stills. C'est encore ce dernier qui électrifie la chanson de Joni Mitchell, « Woodst

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