Critique
1971 représente le couronnement de T. Rex. Le succès de
« Ride a White Swan » classé numéro 2 au hit-parade anglais est suivi par un tube encore plus grand qui sera numéro 1 pendant 2 mois, «
Hot Love », propulsé par une toute nouvelle section rythmique composée de Steve Currie le bassiste et Bill Legend le batteur.
Les sessions de
Electric warrior se déroulent de Mars à Juillet 1971 : une moitié est enregistrée à Londres et l’autre durant la tournée américaine du groupe à Los Angeles et New York City. Le premier single extrait avant l’album est le 45 tours
« Get it on ( Bang a gong) » boogie rock’n’roll au riff inspiré de Chuck Berry qui sort le 2 juillet 1971 et qui restera à la première place des charts anglais pendant plusieurs mois.
Pour autant,
Electric warrior n’est pas un disque entièrement dévoué à la fée « électricité » : le titre ouvrant l’album
« Mambo Sun » est un rock chaloupé tranquille aux halètements très évocateurs. Il est suivi du merveilleux
« Cosmic dancer » autobiographie touchante aux cordes majestueuses de Tony Visconti et de l’entraînant
« Jeepster » autre single à venir. Mais soyons honnêtes : toutes les plages de
Electric warrior ont le potentiel pour devenir des hits. Marc Bolan a resserré considérablement son écriture épurant ses textes au maximum et composant les mélodies les plus évidentes de sa carrière. L’autre touche de génie de ce disque séminal est la production assurée depuis 1967 par Tony Visconti. Tout en veillant scrupuleusement à conserver le son direct et fougueux des enregistrements, il ajoute des touches très subtiles : le magnifique cor de chasse sur la ballade
« Girl » ou les harmonies vocales de Flo et Eddie les deux impressionnants chanteurs des Turtles et des Mothers of invention sur le très soul
« Planet queen » . Un rock aussi simple et cru que
« The motivator » se voit rehaussé de violoncelles qui discrètement couvrent le riff obsédant de Marc Bolan.
Electric warrior revisite les racines du rock (les clins d’oeil à Chuck Berry ou Eddie Cochran sont nombreux) mais en le propulsant dans une direction supérieure y ajoutant un supplément de classe qui fait de cet album un classique au son intemporel. Tout y est savamment dosé trouvant l’équilibre entre une production sophistiqué et une énergie jouissive : le dernier titre
« Rip off » en est la parfaite illustration.
Il faut signaler la magnifique pochette conçue par June Child la femme de Marc Bolan et montrant sa silhouette auréolée de lumière dorée une gibson entre les mains faisant corps avec un gros ampli. Cette photo, signée par Spud Murphy et retravaillée par les designers d'Hypgnosis, sonne comme le couronnement symbolisant l'état de grâce d'un Marc Bolan arrivé au sommet.
À noter que le grand label de rééditions Rhino a sorti une version digipack de
Electric warrior avec un livret sublime (texte photos), six morceaux supplémentaires comprenant le hit
« Hot Love » et les faces B de tous les simples de cette année là et en fin de cd une interview de 1971 de Marc Bolan.
François Bellion - Copyright 2019 Music Story