Critique
On ne connaîtra plus d’épopées comme le
World Slavery Tour, invraisemblable marathon qui, d’août 1984 à juillet 1985, transportera Iron Maiden, alors premier groupe au monde de heavy metal, dans le moindre recoin de la planète (Pologne et Yougoslavie d’alors incluses), où des jeunes à cheveux longs l’attendent comme l’ultime prophète. Cette tournée laissera par ailleurs les musiciens sur le flanc, contraints à un break (une première pour ces jeunes gens britanniques) de plus d’un semestre.
Mais, pour l’heure,
Life After Death, enregistré pour partie à l’Hammersmith Odeon de Londres, et pour partie dans la Californienne Long Beach Arena (un pied dans la mère patrie, un pied dans le plus gros marché mondial : on appelle cela du marketing bien compris) témoigne de ce qu’est à l’époque le groupe de Steve Harris : un combo apte à faire revivre en concert les très riches heures de leurs albums précédents, tout en surfant sur la valeur ajoutée du contact avec le public.
Dix-huit titres donc, à de très rares exceptions près signés de la main du leader, et en manifeste best of live des opus précédents , des pures décharges d’adrénaline (
«
2 Minutes To Midnight
») aux grandes envolées lyriques (
«
Phantom Of The Opera
», ou le presque quart d’heure de
«
Rime Of The Ancient Mariner
»), pour rappeler qui sont les patrons effectifs d’un rock extrême supposé sataniste (certes, on cite ici l’écrivain H.P. Lovecraft), mais en fait plutôt bon enfant (c’est toujours la névrose des musiciens qui gagne, à la fin). Et en fait toujours en phase avec l’histoire, puisqu’on peut y entendre l’extrait d’un discours, prononcé pendant la guerre par le premier ministre britannique Winston Churchill.
Considéré par la critique de l’époque (qui n’a pas varié d’un iota depuis) comme l’un des albums en public les plus importants du heavy metal,
Life After Death, subjugué par les singles
«
Running Free
» et
«
Run To The Hills
», atteindra la deuxième position des charts britanniques (dix-neuvième place outre Atlantique), et sera particulièrement bien placé dans des pays aussi divers que la Norvège, la Suisse, ou la Suède, comme une internationale du binaire électrique. De même, l’album sera certifié disque de platine aux États-Unis, Double disque de platine au Canada, et Disque d’or en Grande-Bretagne.
Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story