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À la Libération, Charles Trenet démarre sa carrière hors de l'Hexagone. C'est le troisième volet de sa vie artistique avec, comme orchestrateurs Henri Leca et Albert Lasry. Mais, si ces chansons traversent les frontières adaptées en anglais, sa voix a du mal à se plier au phrasé américain Très vite, le créateur sera reconnu mondialement mais l'interprète ne sera jamais connu sur la planète. Justement, le grand succès de cette période est sans conteste "La Mer", créé pendant la guerre par un autre interprète, puis adapté en "Beyond The Sea" et repris par de nombreuses stars internationales de Petula Clark à George Benson. L'autre chanson qui marque date aussi des années d'Occupation. "Douce France" était-elle une chanson asservie ou ironique ? On ne le saura jamais. Pour le deuxième degré évident, il faudra attendre Rachid Taha et Carte Séjour dans les années 80. Après avoir chanté la nostalgie de Paris ("Revoir Paris"), le crépuscule des années 40 est l'occasion pour Trenet de se rendre aux États-Unis ("Grand-maman, c'est New-York" qu'il adapte en anglais), puis au Canada, où il compte un public francophone et francophile. Séjournant dans la Belle Province, Charles y signe quelques chansons "historiques" : "Dans les rues de Québec", "Voyage au Canada" Une fois n'est pas coutume, Trenet reprend un traditionnel ("Au clair de la lune") et le fait sien. Il enregistre également des titres qu'il ne signe pas : "Chacun son rêve", de Bourtayre et Vandair (des complices de Tino Rossi !) et "En écoutant mon cur chanter", de Herpin et Jamblan, qui sera promu au rang de succès international("My Heart Sings") par d'autres (Paul Anka). --A.B.