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Enfant, Jacques Higelin chante des chansons de Trenet dans les cinémas. Plus tard, on dira qu'il en est le fils spirituel. En 1965, ce chanteur est en effet considéré comme le pilier de la jeune chanson parisienne mi-rive gauche, mi-beatnik. Après trois albums avec Brigitte Fontaine, il publie enfin en 1971 son premier 33T solo Crabouif, très underground et plutôt acoustique. Après une disparition volontaire, il revient sur le devant de la scène avec BBH75 en 1974. Il est sacré alors tête de cortège de la scène rock française qui émerge en réponse aux groupes britanniques. Après 10 albums solo inégaux, Higelin sort en 1998 Tombé du ciel. Pari difficile sur le plan personnel : depuis son album précédent, Jacques a - malgré une réussite artistique - perdu 5 millions de francs dans ses concerts de Bercy. Abordant la cinquantaine, il doit refaire sa place parmi les idoles interchangeables de la clip generation. Pour cela, il s'entoure de grands professionnels. Jacno (ex Stinky Toys, ex- duettiste d'Elli Medeiros) réalise, William Sheller arrange les cordes, Marc Santangeli se met à la batterie, Didier Lockwood à la trompette, Guy Delacroix (fidèle de Jean-Jacques Goldman et Jean-Michel Jarre) à la basse... Pari réussi. L'album est vendu à plus de 300 000 exemplaires, reçoit le prix Honorem du président de la République à l'Académie Charles-Cros. La radio matraque "Tombé du Ciel" et "Poil dans la main". On retrouve le Jacques Higelin qu'on aime : intelligent et populaire. --Alexandre. Dencausse