Amazon.fr
Free Will offre à entendre les deux facettes de Gil Scott-Heron présentes sur ses deux premiers albums, Small Talk At 125th And Lenox et Pieces Of A Man. Sur l'édition originale sous forme de LP, la distinction était facile à établir : sur la face A, Scott-Heron célébrait le blues et la soul music ("Speed Kills" et "Did You Hear What They Said?", qui doivent beaucoup au son singulier du piano électrique doublé par la flûte de Brian Jackson, sont à ce titre deux de ses plus beaux morceaux), tandis que la face B distillait le flow d'un freestyle vindicatif. Là, notre homme affûte sa plume et dénonce violemment la politique de Nixon, renvoyant à l'agit-prop de "The Revolution Will Not Be Televised". Si Malcom X et les Black Panthers sont des maîtres à penser dont il reconnaît volontiers l'influence, Gil Scott-Heron n'oublie jamais de célébrer la Great Black Music, qu'il s'agisse de Nina Simone ou de Otis Redding. Le chanteur avait déjà rendu un bouleversant hommage à Billie Holiday et John Coltrane sur "Lady Day And John Coltrane". Free Will se clôt sur une nouvelle allusion au saxophoniste dont il partage la spiritualité. "… And Then He Wrote Meditations" est le titre du morceau et il faut l'entendre y scander "A Love Supreme"… --Philippe Robert