Critique À regarder la pochette, on pourrait croire que le couple mexico-irlandais a cherché à rendre hommage à Jurassic Park, voire à Carnosaur. Il est vrai que cet œil reptilien fixant le potentiel acheteur serait probablement plus à sa place sur la jaquette d’une série B ou sur la pochette du CD d’un groupe de trash-death-grindcore metal que sur celui d’un groupe de flamenco. Et pourtant, ce crocodilien à l’œil glauque symbolise la thématique de l’album : l’écologie et le développement durable. Une inspiration qui puise directement sa source dans le folklore aztèque où l’image du crocodile symbolise le cycle naturel. Car si le disque présente de nombreuses reprises typiquement anglo-saxonnes (« Stairway To Heaven » étant le morceau le plus emblématique de l’influence rock de Rod'n'Gab), il va cependant puiser son inspiration au Mexique, comme l’évoquent les morceaux « Tamacun », « Diablo Rojo » ou « Ixtapa ». Mais pas d’exclusive : Roberto et Gabriela ne chantent pas un Mexique clichetonneux où enfants pauvres des barrios côtoient trafiquants de drogues et douaniers américains sourcilleux. Certes non, car c’est toute une palette d’inspirations à la fois sud-américaines et européennes que les duettistes déploient au long de l’album, où le folklore Danois (« Viking Man ») côtoie les Américains de Metallica (« Orion ») ou même leur propre producteur British (« Juan Loco », transposition hispanisante de « Mad John », l’un des surnoms de John Leckie). Enregistré en public, Rodrigo y Gabriela est sorti dans une édition limitée avec un DVD retraçant la tournée britannique du groupe.Benjamin D'Alguerre - Copyright 2019 Music Story