A vrai dire, Ghinzu n'a pas vraiment changé. Il s'est métamorphosé. Et les quatre ans qui séparent "Blow" de ce "Mirror, Mirror" sont autant d'années lumières entre les deux disques. Dans l'intention, le son, la composition, le chant, la maîtrise des humeurs, la gamme chromatique... Tout. Dur de se dire "Blow" n'était qu'un brouillon. Et pourtant, aujourd'hui il faut s'y résoudre. Parce que "Mirror, Mirror" n'est pas une collection de chansons, mais un voyage, un triptyque avec un épilogue: une seule et même pièce orchestrale dans laquelle Ghinzu a glissé des chansons. Nuance. Un opéra-rock ? Osons ... Mais alors un opéra-rock dandy, entièrement tourné vers la jouissance, une construction baroque de la pop moderne, une extrapolation décalée de tous ses motifs à travers le prisme. Un opéra-rock où les Who et Burt Bacharach rencontreraient Nine Inch Nails ! "Mirror, Mirror" en a à la fois l'instinct, l'élégance, la structure, la rigueur, la force narrative, le lyrisme et l'excellence d'interprétation... Un don du ciel. Après le succès de « Blow », leur précédent disque (Olympia complet, 60 000 albums vendus), les Ghinzu s'apprêtent à doubler (tripler ?) la mise.