Né à Belgrade dans une famille mélomane, élevé à l'étude des classiques Ravel, Debussy et compagnie, Bojan Zulfikarpasic n'a eu de cesse de labourer le terreau d'un matériau, la musique, dont il malaxe les multiples racines pour en modeler de curieuses boutures hybrides. Comme avec cet « Humus », " le disque le plus rock que j'ai pu renregistrer " au titre des plus explicites. Approches multiples, vision singulière, c'est ainsi que depuis vingt ans, Bojan Z est devenu une référence du jazz « made in France », mais attention, ce trublion du piano bien tempéré n'en a pas cessé d'ouvrir large la focale des grilles du jazz, le faisant raisonner du côté des savantes traditions populaires de son terroir natal. Demandez donc à ceux qui ont "ouï" la nouvelle bande du prolixe pianiste le 25 avril dernier à la salle Pleyel. Ce soir-là, le sanctuaire « classique » fit une standing ovation à ce récital qui offrait en partage l'idée la plus juste, la moins convenue, la mieux ouverte, de ce qu'est l'urgence du jazz actuel.