Critique On aura beau essayer d’éviter l’écueil du sempiternel qualificatif d’« album de la maturité », ce sera peine perdu… Pour la première fois éponyme d’un de leur disque, les blink-182 livre là ce qui fut leur dernier opus d’avant séparation en 2005. Paru en novembre 2003 sur le label Geffen et produit par Jerry Finn, ce disque sans titre est bel et bien le plus « adulte » de l’œuvre du trio de San Diego. Bien sûr, l’énergie punk pop est toujours là, quasi intacte. Mais ce qui marque à la lecture des textes, c’est cette absence d’humour, qui représentait pourtant l’architecture principale de leurs compositions sur les albums précédents. On notera aussi avec surprise la participation du pas très drôle Robert Smith des Cure, sur le ténébreux « All of This », ainsi que le réel aveu d’impuissance sentimentale d’ « I Miss You », comme arguments de la thèse évoquée plus haut d’un possible album adulte, et non de « teenagers »… Cet album marque une période importante pour les trois membres de blink-182 : ils devinrent tous papa avant la sortie du disque, et chacun d’entre eux avaient le désir plus ou moins secret d’en finir (avec le groupe…). Ce sera chose faite un peu plus d’un an plus tard. Les blink-182 auront ainsi produit leur meilleur album en bout de course. Un fait que leur Histoire retiendra sans nul doute.Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2019 Music Story