En arabe le mot "Hamada" signifie mort, inanimé, figé, expiré. En géologie le terme qualifie un désert rocheux avec peu ou pas de sable: suite à l'érosion, le désert est rempli de roches et de pierres anguleux à la place du sable. Il serait trop prévisible cependant, de vouloir interpréter le titre de cet album en comparant ses chansons avec les caractéristiques d'une hamada; il ne suffit pas de rechercher les parties rocailleuses, les passages flottants: aridité ou inondation, soif ou sécheresse. On peut y trouver tout cela, certes, mais en fait Nils Petter Molvaer avait trouvé le titre de son album en regardant un documentaire de la chaîne National Geographic; on y racontait la traversée d'un désert par un ermite qui mangeait lézards et insectes pour survivre. Inspiré par ce sujet, Molvaer a dédié toutes ces chansons à la planète Terre, et à ses phénomènes et merveilles naturels. Ce disque est à ce jour l'album le plus coléreux, le plus noir de Molvaer, et les titres "Friction"et "Cruel Altitude" sont ses paroxysmes: lui et ses compagnons " Eivind Aarset (guitare), Audun Kleive (batterie) " y laissent les traces de chemins faits d'improvisation, de musiques ambient et electro; ils brandissent des haches en braconnant sur les terres du rock progressif indé des années 70, avant d'apaiser leur ardeur en terminant l'album sur une note conciliatoire. Depuis son entrée sur la scène musicale vers la fin des années 90, Nils Petter Avec HAMADA Nils Petter Molvaer élève son approche musicale au niveau supérieur en aspirant l'auditeur vers l'intérieur de son propre univers de sons orgiastiques avec la création d'images visuelles inédites.