Critique Impossible d'être passé à côté du phénomène Cocoon, ce duo originaire de Clermont-Ferrand qui, en 2008, envoûte la France entière avec son premier opus. My Friends All Died In A Plane Crash réunissait beaucoup de qualités appréciables: une accessibilité voulue malgré une vraie recherche mélodique, une production cristalline, des textes facilement mémorables et, surtout, une ambiance onirique des plus réconfortantes par les temps de crise... Morgane Imbeaud et Mark Daumail se sont imposés comme un duo à suivre, et leur second album le confirme. Where the Oceans Ends, d'abord, s'est refusé le risque de (trop) changer sa recette. La pop est donc folk, feutrée, candide, et semble envelopper d'un voile (voire même d'un cocon, tiens) protecteur son auditeur. La musique reste exclusivement écrite, composée, enregistrée, arrangée et produite par Morgane Imbeaud et Mark Daumail. L’intimité avant tout… Le succès de leur premier opus ne l'a pas rendu prétentieux pour un sou : le duo ne se targue pas de signer des morceaux expérimentaux de dix minutes, mais plutôt des pop songs rapides et digestes. C'est encore le cas sur Where the Oceans Ends, dont aucune n'excède les 4 minutes. Avec, comme fil conducteur, le thème de l’enfance, personnifié par le monde maritime et plus particulièrement une baleine nommée Yum Yum… « Comets » ou « Super Powers » ne brillent certes pas par leur originalité, malgré leurs tempos entrainants, mais les claviers réjouis de « Dee Do », l'efficacité mélodique de « Mother » et l'émotion à fleur de peau de « Oh My God » sont vraiment agréables. Et quelle jolie introduction que ce « Sushi » simplement mélodieux, avec ses cordes nostalgiques et ses rythmiques murmurées ! Certains reprocheront à Cocoon d'écrire des chansons trop naïves. Ils n’auront pas tort. Or, Morgane Imbeaud et Mark Daumail sont respectivement âgés de 23 et 26 ans, et ne sont pas si éloignés des contes de fées. Ils montrent cependant une certaine maturité : celle de tenir, d'un bout à l'autre, la cohérence de Where the Oceans Ends. Un second album qui, s'il est léger et parfois trop évident, n’en est pas moins réussi. Un peu de douceur dans ce monde de brutes est toujours bonne à prendre. Sophie Rosemont - Copyright 2019 Music Story Description du produit Parti de Clermont Ferrand il y a quatre ans, le duo Cocoon a fait un beau voyage. Leur premier album a déniché du platine (plus de 100 000 exemplaires vendus) dans un marché du disque pourtant bien asséché, ce qui constitue déjà un genre d'exploit olympique pour un groupe débutant, jouant un folk d'inspiration américaine chanté dans sa langue originale. Pour faire court, on dira que Mark Daumail et Morgane Imbeaud ont touché juste, et que leurs chansons (« Chupee », « On My Way ».) ont oeuvré comme des miroirs auprès d'une génération sensible et émotive. Le nouveau périple entrepris par le groupe conduit aujourd'hui à « Where The Oceans End », dont le titre déjà ouvre les voiles à de grandes ambitions vagabondes. Ces envies d'ailleurs sont portées par des fantasmes littéraires et picturaux nés de l'heroic fantasy, de l'Histoire sans fin, des jeux vidéos ou encore des contes prodigieux du roi japonais de l'animation, Hayao Miyazaki. Le duo parvient souvent à se hisser à hauteur de ses modèles (Sufjan Stevens, Love, Divine Comedy.) et à en tutoyer l'exigence, la méticulosité d'orfèvre, la science chirurgicale des arrangements ainsi que la volupté vocale. Enregistré en compagnie de Ian Caple, producteur anglais au CV vertigineux (Bashung, Tindersticks.), Where The Oceans End aura également bénéficié des arrangements de cordes d'un maître du genre, Dickon Hinchliffe des Tindersticks. « Là où les océans s'arrêtent » débute avec un premier single, Comets. Mis en images sur une plage de Belle-Ile-en-Mer, ce titre convoque à sa table, les chansons de marins, les promesses au long cours et une baleine volante.