Description du produit
Il n’est qu’à écouter Angola, qui ouvre l’album. Bernard Lavilliers y a retrouvé Bonga, le plus grand chanteur angolais, une voix qui, en version originale, détaille les horreurs d’un exil africain, la famille abandonnée…
Un autre clin d’œil à Bonga (un thème d’accordéon) apparaît aussi sur la musique du premier single de l’album, L’Exilé, dans lequel la souffrance se danse et la révolte se déhanche.
La fidélité compte aussi beaucoup dans cet album, et notamment la fidélité aux idéaux qui firent si souvent arpenter le pavé. Lavilliers se souvient que son père était syndicaliste et qu’il a beaucoup chanté dans les manifs – « ça m’arrive encore ».
Il a embauché le Spanish Harlem Orchestra pour faire tourner sur un chachacha irrésistible ce refrain : « Portez-les, vos idées, vos visages/Guerroyez les moulins, les nuages/N’oubliez rien de vos rêves fous/Tenez-les, portez-les jusqu’au bout ».
Alors tout l’album est vraiment dans ces couleurs-là, entre colères et danse, entre fracas du monde et sono mondiale, « la fibre de l’indignation et de la solidarité » et la palette des musiques de nuit de Lavilliers.
Toute une confrérie de musiciens du voyage : Mino Cinelu, Fred Pallem, David Donatien, Georges Baux, Cyril Atef, Seb Martel, Juan José Mosalini, mais aussi des percussions afro (shekere, reko reko, djembe), latines (congas, cajon), un cavaquinho capverdien ou des guitares sebene congolaises...
Critique
« Un jour, Mitterrand avait invité quelques artistes à l'Élysée, dont Renaud et moi. Il m'avait demandé : « Et vous, Bernard, que faites-vous en ce moment ? » Je lui avais répondu : « Comme d'habitude, je chante les causes perdues sur des musiques tropicales. »
Bernard Lavilliers s'est souvenu de sa conversation avec le Président à l'heure de donner un titre à son nouvel album.
Les causes perdues sont de Paris, de New York, des rives nord de la Méditerranée et de quelques ailleurs pittoresques. Et, comme souvent avec lui, les musiques viennent de partout pour s'emmêler avec passion et décrire le monde dans sa pleine dureté autant que dans ses vives lumières.
Lavilliers écrit à Paris sur l'ailleurs, écrit ailleurs sur Paris, met des mots d'ici sur des musiques de là-bas, se souvient de Lalo Schifrin et de Pucho pour crier sa colère de citoyen français dans Identité nationale. Toujours voyageur, toujours poing levé, toujours danseur, toujours poète.