« Au bois de mon coeur » pourrait apparaître comme un projet inattendu de la part de Christian Escoudé : lui qui détient (en tant que compositeur ou participant) une cinquantaine d'albums à son actif et a collaboré avec nombre d'artistes de la trempe de Stan Getz, Bill Evans, Richard Galliano, Freddie Hubbard, Michel Portal, Didier Lockwood, Richard Galliano, Eddy Louiss. Si l'on se rappelle que George Brassens était un grand amateur de jazz (cf ses disques avec Lionel Hampton, Henri, Salvador.), un véritable fan de Django Reinhardt (il possédait l'intégrale de ses enregistrements) et qu'il achetait ses guitares chez le même luthier que nombre de gitans ou manouches, on peut s'interroger : l'hommage le plus légitime, le plus original, le plus pertinent n'est sans doute pas celui qu'on croît. Car Brassens est un poète - on le sait - mais c'est aussi un mélodiste inventif et singulier. Il est aisé de se laisser charmer par la précision et la clarté d'une écriture qui fait sonner chacune de ses chansons comme une évidence. A l'instar de ses textes, sa musique est limpide. Limpide mais pas simpliste. Demandez-donc à tous les guitaristes du dimanche qui s'essayent à reproduire ses chansons.