Critique
« Dur, dur, d'être lycéenne » pourrait chanter Sophie-Tith, obligée de sortir son premier album durant les vacances scolaires, études obligent. Le sentiment qui domine à l'écoute d
e Premières Rencontres est d'ailleurs celui de l'urgence. Celle d'occuper vite le terrain pour la gagnante de la
Nouvelle Star en février 2013. Poussée certainement par son label, Sophie-Tith sort de ce fait un disque de reprises en forme de bric-à-brac.
Réalisé par une équipe menée par Sinclair,
Premières Rencontres reprend plusieurs chansons déjà interprétées par Sophie-Tith lors du populaire télé-crochet. Il en va ainsi de
« Sorry Seems to Be the Hardest Word » d'Elton John et de
« The A Team » d'Ed Sheeran dans des versions sans intérêt majeur. Plus captivante est la reprise de
« La Nuit je mens » d'Alain Bashung que Sophie-Tith parvient à s'approprier malgré sa voix fluette.
On savait déjà Sophie-Tith capable de se glisser dans le répertoire de Françoise Hardy depuis son interprétation de
« Comment te dire adieu ? » lors de
Nouvelle Star, elle récidive ici avec
« Première rencontre » écrit par Michel Berger. Elle donne également un tour soul convaincant à
« T'es beau » de Pauline Croze, converti en slow
sixties. Le titre le plus satisfaisant de
Premières Rencontres est certainement
« Je saigne encore » de Kyo, sans doute parce que c'est celui dont elle est viscéralement la plus proche. Mention bien également pour
« Le Chat du Café des Artistes » de Charlotte Gainsbourg que Sophie-Tith apprivoise à merveille.
Premières Rencontres dévoile trop peu du véritable univers de Sophie-Tith. Il met dans l'obligation d'écouter entre les fréquences pour saisir une personnalité qui se réclame du rock et se voit obligée à chanter de la variété. Espérons pour la jeune fille que cette entrée en matière bâtarde ne consume pas hâtivement un talent que l'on devine réel.
Francois Alvarez - Copyright 2019 Music Story
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