Critique Ancienne moitié du duo Oldelaf et Monsieur D, Olivier Delafosse alias Oldelaf a réussi son échappée en solitaire avec, outre le disque pour enfants Bête et Méchant, un premier album au succès surprise, porté par le titre « La Tristitude ». Sans renier l'humour qui dominait dans les chansons du duo, le chanteur normand s'est spécialisé dans les textes doux-amers et tendres.Il n'est donc pas surprenant de voir Oldelaf poursuivre dans cette veine qui lui réussit très bien, pointant du doigt les (mauvaises) habitudes quotidiennes dans le glouton « Je Mange », les marques omniprésentes dans « Kleenex », les moments d'ennui de jeunesse dans « Le Dimanche après-midi » ou de joie dans « La Belle histoire ». Rompu aux jeux de mots, il suffit d'écouter le désopilant « Le Bruit », Oldelaf sait se faire plus tendre sur « Ça changera rien » ou le nostalgique « Nos jours heureux », trempé dans le rock. Sur une douce mélodie bossa nova, « Joli dimanche », conte une rupture amoureuse tandis que l'inventaire de « Qu'est-ce qu'on va en faire ? », ne s'arrêtant pas aux biens obsolètes qui envahissent la maisonnée, tourne sur fond de calypso. Plus loin, « Digicode » évoque les pollutions mémorielles et la charge « Je suis bien » aborde, entre clavecin et guitare électrique, le thème de l'indifférence face à la misère urbaine. Enfin, « Stockholm » se penche sur les violences conjugales. L'art d'Oldelaf est de faire passer la pilule en douceur, avec beaucoup de nuances.Loïc Picaud - Copyright 2019 Music Story
Caractéristiques
ISBN :0602537692583
Poids (g) :95
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