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Je suis chanteur de variété et je passe parfois dans le poste, extrait de l'ironiquement modeste chanson-confession "Ce n'est que moi". Alain Chamfort est un chanteur de variété au sens noble du terme. Ayant commencé sa carrière après avoir travaillé dans l'ombre de Claude François, il a enrichi la chanson française en créant une musique originale et personnelle, d'inspiration jazz, soul et pop, aux arrangements toujours soignés. Avec comme précieuse toile de fond, fragilité et sensualité. Compositeur brillant, Chamfort a toujours habillé ses chansons de textes poétiques écrits par Serge Gainsbourg, Jacques Duvall ou Jay Alanski et se mêlant à merveille à la délicatesse ourlée des musiques. Mélodies gracieuses et enivrantes, les chansons d'Alain Chamfort font faire à l'auditeur un tour du monde virtuel, l'emmenant de la moiteur des tropiques ("Malaise en Malaisie", "Bambou") à l'air glacé et synthétique de "Bons baisers d'ici" ou "Souris puisque c'est grave". Ce n'est que moi, résumant avec beaucoup d'humilité et d'humour une carrière exceptionnelle ("Manureva", "Traces de toi", "Baby Lou", "La Fièvre dans le sang"...), déploie à travers ces dix- neuf chansons tous les trésors d'élégance et de sensibilité de ce chanteur à l'image toujours romantique et sophistiquée. Ce n'est que lui, mais c'est déjà beaucoup. -- Anne- Claire Norot
Critique
Enfin ! Il y a longtemps qu'on l'attendait, ce premier vrai Best of du pionnier de la pop à la française. Non pas que ses derniers albums nous aient laissé un goût amer de déception, bien au contraire. Mais parce qu'il est temps que le grand public prenne conscience de la richesse et de la modernité de son répertoire, bref de son apport incontestable à la chanson des années 80-90, et à ses héritiers les plus évidents, de Daho à Obispo. Alors, en attendant, toujours une intégrale (période "Flèche" comprise), on espère que cette compil des années Sony (1976-2000) du bel Alain y contribuera. D'autant qu'elle regorge de tubes indémodables : des chansons ludiques avec Gainsbourg ("Joujou à la cass"e, "Baby Lou", "Manureva"...), aux titres plus sages tendance perfect-dandy avec JN. Chaléat, JM. Rivat, P. Bourguoin ou J. Alanski ("Géant", "Palais Royal", "Chasseur d'ivoire", Bons baisers d'ici"...), pour finir à ceux conçus avec ses plus récents alter-egos, J. Duvall et M. Moulin ("La fièvre dans le sang"," L'ennemi dans la glace", "Ce n'est que moi", petit bijou d'autodérision. Si on se délecte du méconnu "Vu du ciel" comme de l'inédit "Ça ne fait rien", on regrette l'absence d'extraits de l'album Mariage à l'essai (1976), toujours inédit en CD, et de quantité d'autres succès : "Seul à la fin" (1978), "Béguine" (1979), "Rendez-vous" (1983), "Déchaîne-moi" (1986), "Ce ne sera pas moi" (1990)... Non, la gourmandise n'est pas toujours un vilain défaut. -- Platine - Janvier 2000