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À l'heure où la France rythme au son de l'européanisation, Michel Sardou, que l'on connaît pour être à contre-courant du "politiquement correct", baptise son album Français. Un appel éclairé (?) qui semble d'ores et déjà annoncer les prémices d'un CD musclé mais néanmoins optimiste. C'est parce qu'il désirait lui donner une autre tonalité que Michel Sardou a fait appel à de nouveaux musiciens et à son ami Fugain (les deux Michel n'avaient pas collaboré depuis 1965). L'ex- leader du Big Bazar a donc composé les 10 plages de cet album et a été chargé de la direction des "opérations" artistiques. Outre "Cette chanson-là" (déjà un succès dans les box-offices), on découvre également un bel hommage rendu à l'île de Beauté ("Corsica") et la reprise (en forme de clin d'oeil) d'un titre de Fugain ("Je n'aurai pas le temps"). Un millésime entre coups de gueule et poésie. -- Valérie Dupouy
Critique
Comme promis, l'album 2000 de la star est l'album des retrouvailles de Sardou avec l'autre Michel (Fugain), son premier complice dès 1965. Exit donc les fidèles Revaux (la brouille s'éternise…), Delanoe (grand auteur de Sardou dans les années 70)… À ces derniers, Michel Sardou a préféré son coauteur des années 80, Didier Barbelivien qui, soit dit en passant, lui a signé plus de succès que de tubes ("Marie-Jeanne", "Le Privilège", "Le Vétéran")… Si le résultat risque de faire date, c'est grâce aux compos (certes un peu classiques) et à la réalisation de Fugain. Ce dernier s'est entouré de brillantes pointures : Laurent Macé, Hervé Brault, Arnaud Dunoyer, Denis Benarrosh, Marc Berthoumieux… ; c'est aussi grâce à un (petit) retour des textes musclés. Sardou est resté Sardou et se fiche à nouveau de ses détracteurs. À nouveau, il fait siennes quelques formules (trop peu) qui font mouche, notamment chez les pseudo-intellos : "Parce qu'ils se font musulmans au nom des droits de l'homme" ("Français") ou chez les anciens combattants : "Tu sais c'que j'en fais de ta médaille ?" ("La Bataille"). Les autres textes de "Barbeu" sont jolis sans plus (il nous ressert à nouveau l'Amérique, l'Italie…), portés heureusement par quelques mélodies enlevées ("On se reverra") et une interprétation sans faille. En ce qui concerne les uvres du duo des Michel, on note un hommage à la Corse, "Corsica", et bien sûr le premier succès du disque, "Cette chanson-là". En cadeau de retrouvailles, Sardou reprend le standard international de Fugain, signé avec Delanoë en 1969, "Je n'aurai le temps". Tel "Comme d'habitude" il y a 25 ans, cette reprise risque bien de rivaliser avec l'original. Dernier détail : pour une fois, l'artiste français "qui fait le plus la gueule" sourit sur une photo de pochette ! --J.-P. P. -- Platine