Critique
Revenu au premier plan en 1997 avec "Approche-toi", ce Hollandais bien de chez nous n'a jamais semblé aussi vert et inspiré. Résolument hors mode et original, l'auteur compositeur interprète avant-gardiste de Mireille ou de Bruxelles nous livre, à 46 ans, un quinzième album habillé comme le précédent par Mondino et brillant d'une intelligence et d'une inventivité dont devraient s'inspirer bien des jeunes talents qui se contentent de reprendre à la sauce Rap ou Groove des titres archi-diffusés. Du blues râpeux de "Que toi" au funk africain de "Boileau" en passant par l'austère harmonium d'église sur "La Limonade", Annegarn explore de sa voix rugueuse et douloureuse les couloirs de styles musicaux aussi différents qu'imprévisibles, sur des textes peaufinés et insolites. Pas étonnant que son fan n°1, le minimaliste et faussement naïf Mathieu Boogaerts, se soit amusé à chanter avec lui le très réussi duo "Rhapsode". Entre doux rêveurs, on se comprend... -- Platine - Juin / juillet/ août 1999