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Dernier album du millénaire du père de la chanson moderne, Les poètes descendent dans la rue est publié au printemps 1999 alors que Jack Lang lance le premier "Printemps des poètes", une manifestation annuelle, cousine de la Fête de la musique. Cet album est, comme toujours, entièrement écrit par le poète surréaliste, à l'exception du "Jeune mendiant" cosigné avec Didier Beaujon. Si certains titres sont un peu provocateurs ("Sexuel été") et destinés à séduire les jeunes générations, celles qui sortent "couvertes", c'est certainement la nostalgie et la mélancolie - pleine d'humour - qui priment ici ("Raspoutine"). Avec ses complices de longue date, le pianiste Christian Rémy et Roger Pouly, ainsi que l'Orchestre philharmonique de Radio France, Trenet nous livre son testament sans le savoir. En effet, un an après la sortie de cet album, une attaque marquait la fin de sa période de création. --A.B.
Critique
"Nul n'est prophète en son pays". A ce dicton populaire, on pourrait ajouter : "Nul n'est prophète de la chanson de son vivant", tant cet album de Trenet est sorti dans une relative indifférence du public (malgré une invitation au journal télévisé de 20 heures). Pourtant, ce dernier opus de Trenet n'a pas à rougir face à ses aînés d'il y a 50 ans. Du titre "Les Poètes descendent dans la rue", hymne du premier "Printemps des poètes" (en mars 1999), à la chanson-culte sur le Centre Pompidou, "Le voyage de la vieille", en passant par le titre tiré par des onomatopées tréniennes, "Pâte à papier", toutes les chansons ont été ciselées (les textes sont de petites merveilles d'écriture) par le maître avec la collaboration de Christian Rémy (disparu depuis) et Roger Pouly. Décidément, le "Jardin extraordinaire" de la création de monsieur Trenet refleurit régulièrement. Tant mieux pour ceux qui prennent le temps d'en humer les parfums... -- Platine - Juin / juillet/ août 1999