Critique
En 1997, le groupe vient de signer avec tôt Ou tard. Le label de Vincent Frerebeau réédite tous les albums du groupe au format digipack et sort enfin un enregistrement en public.
Il donne à entendre cette intensité avec laquelle, la bande à Christian Olivier interprète son répertoire. Et l’on devine que c’est aussi et surtout grâce à ce qu’ils dégagent sur scène, que les Têtes Raides ont favorisé le développement durable de la chanson qu’on appelle « engagée et néo-réaliste » puisqu’il faut bien la nommer. Oui, la comparaison avec la chanson réaliste est aisée. On écoute « Cozette » et on distingue évidemment du Brel dans cette d’histoire d’amour avec cette « fille qu’est jamais sortie de son bourg », ou encore dans cette peinture tragi-comique de Berlin, ville de mémoire et d’histoire, dans « Zigo ». Le fait que l’accordéoniste du grand Jacques, Jean Corti (dont les disques sont désormais produits par le label créé par les Têtes Raides, Mon Slip), les rejoigne sur scène, en est une autre preuve.
Inclassable, sinon sous leur propre étiquette, un concert des Têtes Raides c’est aussi du théâtre, car ils ont cette facilité à obtenir de leur public un silence respectueux (« Café » ,« Mille façons ») comme une euphorie bon enfant où l’on frappe des mains et dandine au son de l’accordéon.
L’humour pince sans rire de cette voix charismatique, qui perce le silence et salue modestement, séduit une fois et pour de bon. On s’en rend compte quand les succès datant de leurs premiers albums « Gino », « Ginette », « L'une à l'autre » sont repris en chœur.
Un indispensable pour ceux qui auraient manqué le train des Têtes Raides.
Anne Yven - Copyright 2019 Music Story