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Bahkti, qui veut dire "dévotion" en sanscrit, est une pièce écrite en 1982 pour orchestre de chambre (ici les 16 musiciens du Nouvel Ensemble moderne dirigés par Lorraine Vaillancourt) et bande quatre pistes. Ne nous méprenons pas : il ne s'agit pas de simple superposition mais de véritable interaction. Cette œuvre fait appel aux ressources de la culture musicale occidentale : d'un côté, l'orchestre prolonge une tradition que Jonathan Harvey tient de disciples de Schoenberg, Erwin Stein et Hans Keller notamment auprès desquels il a appris le dodécaphonisme, et de sa passion pour Messiaen ; de l'autre, une bande témoigne de son amour pour la musique électronique découverte grâce à Milton Babbitt, et qui l'a ouvert à tous les sons. À l'instar de Stockhausen, le compositeur humanise la technologie qu'il utilise là dans une démarche d'ordre transcendantal. Au point que l'osmose entre les moyens acoustiques et électroniques est totale, la bande (des sons instrumentaux travaillés par ordinateur à l'IRCAM) offrant plus qu'un simple contrepoint. Littéralement, elle dialogue, augmentant le pouvoir magique d'unissons qui installent une ambiance progressivement envoûtante et propice à la méditation. Renvoyant au titre de l'œuvre, les douze mouvements qui tendent vers la résolution finale sont empreints d'une profonde spiritualité. Captivant. --Philippe Robert