Critique Cinquième album de Boubacar Traoré, Kongo Magni (2005) explicite, avec davantage de transparence encore, l’âme de cet artiste légendaire et s’émanant d’une musique nostalgique, comme un blues afro-américain. Incarnant les souffrances de ses pairs, Boubacar Traoré raconte le courage des paysans maliens face à la famine, aux épidémies ou à la guerre. Des mélodies traditionnelles croisent d’anciennes compositions, écrites notamment à l’occasion de la prise d’indépendance de son pays. Fidèle, comme à chaque fois, à la mémoire de sa bien-aimée Pierrette, il loue la vie et l’espoir pour la naissance de sa dernière petite-fille, sur « Dounia Tabolo ». La pureté et la sagesse du maître coulent au travers de ses mélodies pures, lancinantes et mélancoliques… tel le flux d’un long fleuve tranquille. Sophie Lespiaux - Copyright 2019 Music Story