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Des poubelles new-yorkaises, réputées pour leurs odeurs sonores diverses et variées (Ramones, Television, John Zorn, New York Dolls, Velvet Underground), ont surgi ces quatre étudiants en art. Le titre du film était clair : Sonic Youth. On est jeune, on fait du bruit ; voire du son. Et de couches de ces sons violés en accords de guitare partouzés, Sonic Youth vomit ici un double album, sorti après sept ans d'expérimentations plus ou moins convaincantes. Surtout que Sonic Youth lorgne ici vers des thèmes de cinq voire sept minutes. Une durée où l'on respire New York, ses ondes, ses radiations, son mépris, tout le reste... Daydream Nation marque en fait un tournant dans l'oeuvre du quatuor "art core". Ouvertement plus accessible que les précédents attentats sonores à la Jackson Pollock, c'est la première vraie grande toile de Sonic Youth. Une sculpture de distorsion, de larsen, de désaccords ; un son pétri à pleines mains par Thurston Moore et Lee Ranaldo. Approche basée sur la variation, construction pyramidale ("'Cross The Breeze") et répétitive (le final de "Total Crash"), Daydream Nation fait dans l'électricité sérielle. Le A la recherche du son perdu des années quatre-vingt. --Marc Zisman