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Michel Jonasz n'est pas artiste à tergiverser lorsqu'il s'agit de chanter du jazz. Pourtant, le nouveau millénaire a transformé notre homme qui, dit-on, se laisse porter par l'énergie du présent et des musiques électroniques. Mais que l'on se rassure, jazzman il est, jazzman il restera. Pôle Ouest, enregistré dans un home studio de douze mètres carrés, se distingue des sept précédents. Boîtes à rythmes, ordinateurs, synthé et techno viennent enrichir la couleur musicale de cet album ("Le Millénaire", "Ça finit jamais"). Si Pôle Ouest marque son entrée dans le monde des machines, sa résonance n'en demeure pas moins jazz et blues : "C'est ça le blues", "Le Scat" (qui rappelle les rythmes soutenus de "La Boîte de jazz"). Mélancolie et allégresse sont les deux signes distinctifs de cette nouvelle expérience musicale. Un changement de cap pour les vingt ans de carrière de l'ami Michel. --Valérie Dupouy
Critique
Après l'échec de son précédent album, Soul Music Airlines, peut-être trop groovy pour son public, Michel Jonasz, malgré une apparente désinvolture, donne l'impression de tenir à ce que Pôle Ouest magnétise l'auditeur. Et ce n'est jamais simple quand on a derrière soi plus de 33 ans d'une carrière jalonnée de succès signés avec des complices d'exception : le compositeur Alain Goldstein, les paroliers Pierre Grosz (Nicole Croisille) et Frank Thomas (Dassin, Stone et Charden) et les arrangeurs Jean-Claude Vannier (Hallyday, Mike Brant, Maurane...), Gabriel Yared (Hardy), Michel C uriot (Voulzy), Ivan Jullien (Dalida)... D'autant plus que pour virer à l'ouest, Jonasz a écrit et composé ces 14 chansons en ne s'entourant que pour la réalisation (Bab, Lauzzana et le fantôme du paradis perdu Ivan Jullien). Une réalisation qui tient un peu les chansons à bout de bras, tant les textes et les musiques ne sont ni efficaces ni originaux. Au final, Mister French Swing ne nous livre ici qu'une poignée de chansons historiques : "Le Scat", "L'amour ça devient sérieux"... Reste à savoir si elles traverseront le temps autant que celles – qui nous touchaient de près – créées par ses équipes passées. Si le livret est joli, on est surpris de ne pas y trouver de mention du studio Guillaume Tell, alors que l'artiste y a présenté son opus en avant-première. (J.-P. P.) -- Platine