Amazon.fr
Dans la famille Biolay, on demande la sur. Forte du succès remporté par son Benjamin de frère, Coralie Clément a décidé de suivre l'exemple en publiant, à 22 ans, un premier album plus que prometteur. Il faut dire que la jeune interprète a très vite été initiée à la musique. Entre un père clarinettiste et une mère qui fredonne à longueur de journée des chansons d'Aznavour, la petite a de qui tenir. Gainsbourg, les Beatles mais aussi Jane Birkin et Françoise Hardy – dont elle a d'ailleurs "hérité" du grain de voix – font partie de son univers. De belles influences que l'on peut retrouver tout au long de cette Salle des Pas perdus. Et si Coralie Clément se fait la porte-parole du monde poétique et mélancolique de Benjamin Bioley (qui a écrit, composé et réalisé cet album), on croise également quelques bossas-novas façon Astrud Gilberto ("La Contradiction", "Samba de mon cur qui bat"). Parfois, on plonge dans l'ambiance des scopitones en noir et blanc ("Salle des Pas perdus", "Lou"), suivi d'un arrêt sur image rappelant l'époque d'avant-guerre et des premiers bains de mer sur la côte niçoise ("Ces matins-là"). La fragilité et l'éclectisme musical de ce CD annoncent un renouveau dans la chanson française. La relève est assurée. --Valérie Dupouy
Critique
C'est une des plus jolies découvertes du moment : telle une héroïne rêveuse, mélancolique et fleur bleue, à peine sortie d'un film de la Nouvelle Vague, la charmante Coralie Clément (22 ans) a débarqué sur nos platines avec treize chansons en demi-teintes, plus réussies les unes que les autres, et d'une cohérence telle qu'on croirait un concept-album. Rien d'étonnant à l'affaire quand on apprend qu'elles ont, pour l'essentiel, été concoctées (paroles, musiques et réalisation) avec tout le bon goût et la précision d'orfèvre qu'on lui connaît, par Benjamin Biolay (cf. Salvador, Mounier, Boulay...). Il se trouve qu'en plus, ces deux prodiges sont frère et s ur dans la vraie vie. C'est à croire que le talent est un autre mystère de la génétique.
Toujours est-il qu'entre bossa-nova et ballade jazzy, comme sur des mélodies ouvertement inspirées de l'univers Gainsbourien (cf. "À l'occasion tu souris"), Coralie installe de sa voix fragile et suave, une ambiance délicate, moelleuse et sensuelle, dans laquelle les amoureux de chanteuses diaphanes au timbre fluide et cristallin (de Françoise Hardy à Jane Birkin ou plus récemment Keren Ann, laquelle a signé le titre phare "Salle des pas perdus"), s'immisceront avec délectation.
Du premier single "L'Ombre et la Lumière", en passant par le poétique et troublant "La Mer opale", ou le duo avec Franck Legall (un étonnant clone vocal de Dutronc) "Le Dernier Train", pour finir sur la renversante petite valse "Mes fenêtres donnent sur la cour", mademoiselle Clément esquisse le portrait impressionniste et attachant d'une jeune fille d'une autre époque, timide et sentimentale, en proie à l'introspection et à toutes sortes de contradictions. Bref, aux antipodes de ces brailleuses vulgaires et bardées de certitudes qui ne squattent que trop les ondes. -- Platine