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Gilbert Bécaud tout simplement. L'artiste disparu, son œuvre se poursuit avec cet hommage posthume. Gaya Bécaud a souhaité continuer ce qu'avait entrepris son père qui, bien qu'affaibli, eut la force nécessaire pour terminer l'enregistrement d'un des titres ("Le Cap") extrait de cet opus éponyme qui comprend des nouvelles chansons, mais aussi des nouvelles versions. Notamment celles que Monsieur 100 000 volts avait écrites avec Louis Amade ("Viens nous aider") et Serge Lama ("Le Train d'amour"). Dans cet ultime album, l'artiste nous livre ses craintes, comme dans cet émouvant "Je partirai", mais aussi ses messages d'espoir ("On marche", "Faut vivre un peu") et ses coups de gueule ("Bravo"). Et la chanson "Au Revoir (Adieu l'ami)" prend une résonance toute particulière. Les inconditionnels et les autres apprécieront sans doute ce disque très attendu. --Valérie Dupouy
Critique
Entre les confidences de Bernard Estardy l'arrangeur et les contre-confidences de Gaya Bécaud l'héritier, voici l'objet qui vous permettra de vous faire un avis définitif sur l'album posthume de celui qui a marqué la chanson autant qu'Aznavour, même s'il n'a jamais ni vendu autant ni eu la même image, que ce dernier.
Parmi la trentaine de titres que l'héritier avait à sa disposition (enregistrés [d'après le dossier de presse] entre 1999 et 2001), il en a choisi ici onze (pas mal ont d'ailleurs pour thème la mort et Dieu...). Parmi eux, une nouvelle version d'un duo avec Serge Lama, "Le Train d'amour", mais sans signaler ce prestigieux duettiste-auteur au verso du CD. En plus de ces onze chansons, deux titres de Madame Roza – parolés par Julian More pour la version originale américaine de la comédie musicale en 1987 (qui a encore moins marché que son Opéra d'Aran en 1962) – sont interprétés par Annie Cordy (adaptés par Claude Lemesle) et donc hors sujet. Ils auraient d'ailleurs pu être placés en bonus-tracks et l'interprète également signalée sur le liner-card.
Parmi les dix titres de Bécaud en solo, quelques-uns avaient déjà été enregistrés (ou arrangés ?), tel l'excellent "Je partirai" (composé en 1963 sur un texte de Louis Amade et sorti sur un super 45 tours en 1966), le tout aussi efficace et gospel "Viens nous aider" du même préfet poète, le fameux "Pommier à pommes" (publié à la fin des années 70 et repris dans la Bécaulogie), "Au bout de la route" (adapté par Lemesle d'un original allemand de Gilbert signé Michael Kunze), "L'Aventure" (déjà sorti sur un EP en 1964) et "Au revoir-adieu l'ami" (tous deux parolés par le regretté Maurice Vidalin)...
Alors, que reste-t-il de vraiment nouveau ici ? Une poignée de chansons, mais de bonne facture : le très traditionnel "Cap de Bonne-Espérance" au texte de Lemesle (qui a aussi écrit "La Mort du loup"), "Viens dans la lumière" (parolée par Delanoé), le très moderne "On marche" (au texte du journaliste Christophe Bardy qui a également travaillé pour Michèle Torr).
Le tout est habillé de machines mais aussi de vrais instruments par une pléiade de bons musiciens : M. Chantereau, T. Bonfils, B. Leroux, J.-J. Milteau... Également des choristes de légende : Joniece Jamison, Yvonne Jones... Quant aux arrangements, ils se partagent (sans que cela ne soit non plus précisé) entre Roger Loubet, le clavier Dominique Perrier et le choriste Théo Allen (mais où sont les Américains annoncés ?). Le livret est riche des textes, de nombreuses photos et on attend le making-off de cet album filmé par Emmanuel Chain. Quant à la photo de la pochette (de Vincent Soyez), choisie par Bécaud, elle avait quelque chose de prémonitoire... -- Platine