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Descendue des pyramides de Gizeh, où elle accompagnait Jean-Michel Jarre en décembre dernier, avec son disque d'or Gedida (1999) et sa Victoire de la musique (pour sa version arabisante du courtois "Mon amie la rose" de Françoise Hardy), Natacha Atlas déboule avec un nouvel album intitulé Ayeshteni ("Renaissance" en français). La chanteuse belgo-anglo-égyptienne, ex-danseuse du collectif Transglobal Underground, transite en 12 mélopées enchanteresses entre Londres et Le Caire, l'Occident et l'Orient. Ainsi cohabitent classicisme égyptien ("Manbai", "Shubra"), sonorités raï ("Mish Fadilak") et dub anglais. Pour ce quatrième album solo, la troublante Atlas, toujours épaulée de ses collaborateurs habituels, le fameux tandem Tim Whelan et Hamid Mantu, séduit en français ("Le Goût du pain" et "Ne me quitte pas" de Jacques Brel), en arabe et en anglais ("I Put a Spell on You" de Screamin'Jay Hawkins). Oud et percussions, envolées de cordes et sons électroniques enveloppent des chansons nostalgiques, habilement produites par David Arnold. Une curiosité : la participation de Nitin Sawhney, musicien multi-talentueux de l'Asian Undergroung londonien, pour le remix épuré de "Manbai". --Sabrina Silamo
Critique
Electro Orientale. Quatrième opus de la divine Natacha Atlas qui de nouveau constitue un cocktail savant et précisément dosé entre tradition et modernité. Une voix mutine, ensorceleuse, qui n'est pas sans faire penser à de grandes chanteuses égyptiennes, servie par de grandes envolées de violons et autres cordes lyriques, contrebalancés par une basse aux influences dub et des percussions énergiques. L'emballage est étincelant, la production signée pour partie par Transglobal Underground, la formation de ses débuts, est brillante et met en valeur des compositions de qualité. Ayeshni offre un céleste voyage dans un univers électro oriental puissant et aux enivrantes saveurs qui ne perd rien de sa force onirique, tout en délicatesse et en arabesque. -- Compact