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On dit que c'est le DJ vedette du label d'electro tendance Mister Shadow qui fit découvrir à son boss James Lavelle une sorte de Michel Colombier d'outre-Atlantique au curriculum épais comme la sainte Bible. David Axelrod, tel est le nom de ce véritable génie protéiforme aussi foutraque que le divin Todd Rundgren, a en effet tâté de tout : du jazz, en s'acoquinant avec une fidélité qui force l'admiration au saxophoniste Cannonball Adderley (le cultissime "Mercy, Mercy, Mercy", c'est lui) ; de la variété internationale haut de gamme mâtinée de soul au côté du chanteur Lou Rawls; et même de ce rock psychédélique comme l'affectionnait Lester Bangs avec Electric Prunes, le tout entrecoupé d'intermèdes en forme de concept albums inspirés par le poète William Blake et nourri par son amour du free jazz d'Ornette Coleman dont il est l'ami. Voilà de quoi alimenter la légende ! D'autant plus que ses disques, collectors pour monomaniaques fortunés, ont tous été largement samplés par tous ceux qui comptent en matière de hip-hop: A Tribe Called Quest, Dr Dre et Mos Def, pour ne citer qu'eux ! Quant à ceux qui ont la mémoire longue, ils se rappellent probablement que David Axelrod figurait sur l'opus d'UNKLE déjà sur Mo'Wax.
D'une bouleversante mélancolie, cet album éponyme comme réchappé du purgatoire, est une ode au fils disparu mort d'overdose. Avec Lou Rawls (un revenant lui aussi), une rythmique au groove irrésistible et des arrangements dignes de Melody Nelson, David Axelrod s'impose ici in extremis comme une des figures tutélaires de cette génération de musiciens qui, biberonnée aux BO de Lalo Schifrin, ne cesse de traquer comme le Graal le sample ultime. Un des grands crus de 2001. --Philippe Robert