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Si le premier album de Silvain Vanot en a fait aux yeux de la critique le Neil Young français, c'était à sa période électrique qu'il était fait allusion, celle qui mettait le feu aux poudres de Rust Never Sleeps. Après quelques disques d'errance en demi-teinte, dont Sur des arbres en 1995 et Égérie deux ans plus tard, celui qui évoque tout aussi sûrement Gérard Manset que Jean-Louis Murat signe ici un Tout brille de haute volée. C'est dans la continuité de ce dernier que Il fait soleil s'inscrit. Donc, plus Harvest que Rust Never Sleeps, plus acoustique qu'électrique, ce qu'illustre d'emblée la chanson-titre empruntée au répertoire de l'immense Jean-Roger Caussimon. Lettré, ce disque l'est de bout en bout, se référant à une Amérique chantée par Lambchop, allant puiser chez Alain Peters son "Rame le canot" servi par un accordéoniste malgache découvert chez Graeme Alwright. Sur des tapis de cordes comme on ne croyait plus en entendre dans la chanson française (l'album doit énormément à Jacques Ehrhart, ingénieur du son de Chambre avec vue de Salvador, ainsi que Bernard Arcadio, responsable de sublimes arrangements qui n'ont pas à rougir de la comparaison avec les Beach Boys de Pet Sounds : il n'y a qu'à écouter "Aurore"…), Silvain Vanot livre en 2002 son album le plus accompli ; et le plus serein. Comme si les démons qui rongeaient Égérie avaient fini par prendre congé. --Philippe Robert