Critique
Premier disque d’or des Beach Boys (n°2 au Billboard), il a les mêmes défauts que son prédécesseur, mais en plus marqués, avec pas moins de cinq instrumentaux dans la track-list : deux du maître surf Dick Dale (un remake très fidèle de « Misirlou » et « Let’s Go Trippin’ »), un de Bill Doggett, « Honky Tonk », et deux originaux des Beach Boys, « Surf Jam » (signé Carl Wilson) et « Stoked », que les Rolling Stones ont dû beaucoup écouter avant d’enregistrer leur « Stoned ». Cependant, les moments de magie abondent ici, comme sur chacune de leurs œuvres : l’imparable « Shut Down », co-signé avec Roger Christian, qui fut un succès (mais sans comparaison avec celui de « Surfin’ USA »), le très beau « Farmer’s Daughter », qui sera repris par le Fleetwood Mac de la période Lindsey Buckingham, et le bouleversant « The Lonely Sea », chanté par Brian, qui semble avoir déjà une plus grande confiance en ses talents de vocaliste. Quant à la chanson-titre, elle fut évidemment le premier classique et hit majeur des Beach Boys (3ème place dans les charts), mais leur valut à leur grand déplaisir quelques embêtements de la part de Chuck Berry, qui, fâché de reconnaître là les accords de son « Sweet Little Sixteen », leur intenta un procès qui aboutit à ce que seul son nom soit crédité en tant qu’auteur-compositeur, une absurdité, puisqu’il n’avait rien à voir avec les paroles. Quant aux accords, ils ont tellement été « pillés » depuis qu’on se demande pourquoi M. Berry n’a pas traîné en justice les trois quarts des groupes de rock en activité, d’autant que Brian Wilson et les Beach Boys n’ont jamais cessé de rendre hommage au maître, mais qu’importe… Réédition en twofer optimale avec Surfin’Safari et trois excellents bonus tracks.Frédéric Régent - Copyright 2019 Music Story