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Peter Greenaway présente Meurtre dans un jardin anglais comme « une charade minutieuse, un jeu de l'esprit comme le XVIIe siècle en raffolait ». Pour accompagner ce film réalisé pour ravir l'oreille et flatter l'esprit, Michael Nyman a écrit sept pièces à partir des compositions d'Henry Purcell, mort en 1695 (et crédité comme consultant). Mais cette relecture ne relève pas du simple pastiche d'un passé historique. Nyman propose, dès l'ouverture tous cuivres dehors de "Chasing Sheep Is Best Left To Shepherds", un thème récurrent de moins de trois minutes à base de clavecins et de hautbois. Construites autour d'effets mélodiques et de rythmiques apparentes, les bases harmoniques sont toujours répétitives. Car Michael Nyman, s'il honore le XVIIe siècle, n'en aime pas moins les créations de Meredith Monk, Phil Glass ou Steve Reich, dignes représentants de la musique contemporaine américaine. La grandiloquence baroque déployée pour mettre en musique ce film-paysage deviendra la marque indéniable du compositeur avant de se muer en tic lyrique et recyclable évocateur de marches funèbres. Meurtre dans un jardin anglais permet au talent de Nyman de s'épanouir à l'ombre de Purcell et marque le début d'une collaboration fructueuse entre le compositeur et le réalisateur (Drowning By Numbers ou Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant" ou Prospero's Book). --Sabrina Silamo