Critique
En 1996, le son d’un premier disque autoproduit de Joseph Arthur parvient aux oreilles de Peter Gabriel. Sous le charme, celui-ci décide de prendre sous son aile ce jeune homme dégingandé et lunaire, passionné de musique comme de peinture.
Joseph Arthur est pourtant loin de l’univers du maître de la world music. Il s’agit ici d’un disque de folk, sobre et efficace. Si Bob Dylan en personne ne saurait renier le
« Big City Secret » qui ouvre l’album, nous ne sommes pas non plus en face d’un pâle spécimen de chanteur guitariste épris du grand Ouest.
Il s’agit donc de faire connaissance avec la personnalité complexe d’un talentueux multi instrumentiste, excellent parolier de surcroît. Le joli
« Mercedes », emporté dès les premières mesures par l’harmonica, est une chanson qui fait date. Tout comme
« Bottle Of You » ou le drolatique
« Daddy’s On Prozac ». Le folk est de plus ici enrichi d’instruments exotiques, comme le mellotron (l'ancêtre du sampler) ou le xylophone vénitien dont l’utilisation a sans doute été soufflée par Peter Gabriel.
Ce premier album n’évite pas les approximations et autres faiblesses, mais il instaure de façon pérenne le charisme de Joseph Arthur.
Sophie Rosemont - Copyright 2019 Music Story