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Alan Vega reste à jamais la voix apocalyptique du duo minimaliste Suicide. Auréolé de la couronne de créateur de l'électropunk, Vega irrigue indifféremment de sa verve créatrice les retrouvailles épisodiques de Suicide, des albums solo de qualité irrégulière et des installations avant-gardistes baptisées "light sculptures". Artiste tous azimuts, il s'associe en 1999 au réalisateur français Philippe Grandrieux et se charge de mettre en musique le film Sombre en pimentant la bande-son de ses ingrédients favoris, un mélange de musique électronique, métallique et industrielle. Les 20 pièces ainsi enregistrées sont truffées d'extraits dudit film, borborygmes sexuels ("Chambre"), cris effroyables et souffle court, enchaînés aux nappes de claviers grandiloquents façon cathédrale hantée ("Rama Lama") dont raffole Vega. Quelques titres judicieusement choisis comme "Fat City" (qui rappelle sa collaboration hautement toxique avec Alex Chilton et Ben Vaughan en 1996 autour du mystérieux album intitulé Cubist Blues), "Bela Lugosi's Dead" des lugubres Bauhaus ou encore "Les Amours perdues" d'Elysian Fields récitant Serge Gainsbourg viennent compléter les compositions originales de ce possédé aux multiples facettes. Sa voix terrifiante se pose de ci de là sur des rythmes mécaniques renforçant la légende romantique de Juke Box Véga. Une musique sombre. --Sabrina Silamo