Critique
Curieusement, en cette fin de siècle avide de profondeur et de spiritualité, les artistes à mi-chemin entre classique et variété n'auront jamais été tant présents. Sur le chemin tracé par Emma Shapplin, dont le triomphe a aujourd'hui largement dépassé nos frontières, Thomas Otten vient à son tour déposer quelques pierres cristallines. Après des études de biologie et quelques premières expériences dans des ensembles vocaux, il lui aura fallu dix ans de travail appliqué et acharné, à explorer tous les répertoires, allant du baroque à la musique contemporaine, pour parfaire sa voix exceptionnelle de contralto et oser enfin voler de ses propres ailes. Le déclic sera aussi la rencontre osmotique avec Frédéric Momont, un jeune et audacieux compositeur qui lui offre de subtiles mélodies taillées sur mesure. Troublants de mysticisme et de mystère, les poèmes sans paroles de Thomas Otten, véritables kaléidoscopes de sons au-delà de tout langage, nous plongent dans des profondeurs encore inexplorées, procurant une étrange sensation d'éternité. -- Platine - Décembre 1999